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« L’économie collaborative, une source d’opportunités extraordinaire pour les PME »

Gaëtan de Sainte Marie, président-fondateur de PME Centrale, membre actif du CJD et co-auteur du livre « Ensemble on va plus loin », explique pourquoi l’économie collaborative n’est pas une menace pour les entreprises traditionnelles, mais au contraire une source d’inspiration pour grandir.

Vous êtes à la tête depuis 15 ans de PME Centrale, une centrale d’achats pour TPE, PME et ETI. Comment vous est venue l’idée d’écrire un livre sur l’économie collaborative ?

Il y a 2 ans, à l’occasion d’une formation qui m’a emmené dans la Silicon Valley, j’ai découvert la sharing economy, présentée là-bas au même niveau d’innovation que des révolutions technologiques high-tech. Surtout, je me suis rendu compte que PME Centrale faisait de l’économie collaborative sans même le savoir, et je me suis dit que je n’étais sûrement pas le seul dans ce cas… Les Américains étaient déjà affutés pour communiquer à ce sujet, là où en France nous étions plus réservés. Nous avons d’ailleurs encore tendance à résumer l’économie collaborative à l’ubérisation, avec une connotation peu valorisante. Cela fait peur aux chefs d’entreprises et aux cadres dirigeants qui, du coup, ne s’ouvrent pas à ce champ d’opportunités et d’explorations extraordinaires pour des entrepreneurs. « Ensemble on va plus loin » leur adresse un message : regardez tous les exemples qui existent et inspirez-vous en ! Chaque chapitre se termine par des questions pour amener les lecteurs à transformer leur entreprise sur tous les plans stratégiques (management, relation client, gestion des fournisseurs…)

A votre avis, pourquoi l’économie collaborative prend-elle une place si importante de nos jours ?

Tout d’abord, je pense que nous assistons à un changement de mentalité, porté par les jeunes, qui recherchent plus à travailler à plusieurs, aidés en cela par les réseaux sociaux. Nous assistons aussi à la fin du mythe du dirigeant super héros capable de tout faire : les dirigeants d’aujourd’hui reconnaissent leurs faiblesses et l’intérêt de travailler ensemble. De plus, l’économie collaborative est très ancienne et a fait ses preuves ; je pense notamment aux coopératives agricoles, viticoles, laitières… : or ce qui marchait grâce aux liens de proximité est désormais possible à l’échelle nationale, voire internationale, avec internet et les outils digitaux. Enfin, il me semble que la financiarisation de l’économie a généré un ras le bol général. L’économie collaborative n’est pas le pays des Bisounours : c’est d’abord de l’économie, de la performance. Mais cette performance ne se traduit pas uniquement par un gain d’argent. Il s’agit aussi d’une performance sociale, sociétale et environnementale. Grâce à l’économie collaborative, le capitalisme revient à son sens originel, à savoir la mise en commun de moyens et de capacités de production pour faire mieux ensemble.

Vous évoquez dans votre livre le terme d’entreprise désirable. Comment la définissez-vous ?

Il y a 15 ans quand on parlait d’entrepreneur, en France, cela n’était pas très valorisant. Ce terme est passé par la Silicon Valley et c’est maintenant hyper cool ! Cela témoigne d’une nouvelle façon de percevoir l’entreprise comme un lieu pouvant être source de bien-être, où l’on peut s’épanouir. Certes nous allons dans les entreprises pour travailler. Mais c’est aussi une façon de nous réaliser,  d’accomplir des choses qui nous tiennent à cœur, de mettre en phase nos objectifs personnels et professionnels. L’entreprise désirable peut participer à faire évoluer la société. Et nous avons tous à gagner à transformer nos organisations, progressivement et avec agilité pour tendre vers cet objectif.

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