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BlockchainMania Partie 2 sur 2 : Pourquoi ETI et PME ont déjà perdu ?

La Blockchain va sans doute créer une nouvelle révolution industrielle. Les multinationales semblent prêtes à tirer leur épingle du jeu. Mais qu’en est-il des PME et des ETI ?

Blockchain : Révolution industrielle et destruction créatrice

La Blockchain est déjà décrite par les experts comme la prochaine concrétisation de la théorie Schumpetérienne de destruction créatrice.

La digitalisation de l’économie pousse les entreprises à réduire leurs coûts pour gagner en compétitivité. En découlent des stratégies de transformation digitale qui se traduisent la plupart du temps par la mise en place de nouveaux process de RPA (Robot Process Automation) : principe qui consiste à automatiser les tâches manuelles et répétitives pour permettre aux hommes de se consacrer aux tâches à forte valeur ajoutée. Les Smart Contracts – issus de la Blockchain – donnent l’opportunité aux entreprises d’aller encore plus loin. En automatisant aussi les contrôles et les process de validation, ils permettent de réduire drastiquement les coûts opérationnels des entreprises et ainsi dégager des marges supplémentaires.

La Blockchain, une disruption des PME et des ETI ?

La question a le mérite d’être posée. On estime qu’en 2022, 25% des grands groupes intègreront des smart contrats dans leurs activités quotidiennes. Et les entités les plus impactées par ces changements seront leurs sous-traitants, en majorité des  PME et ETI.

« Transporter un conteneur du point A au point B implique souvent plus de 30 parties et 200 interactions »

Dans le secteur du transport, par exemple, quelle deviendra la valeur d’une société de transport national ou international dont les clients échangent des données via la Blockchain ?

Transport d’un conteneur : Un monde complexe où PME et ETI apportent une vraie valeur

Aujourd’hui, pour l’envoi d’un conteneur de l’Asie vers l’Europe, une ETI du monde du transport réalise plusieurs opérations pour le compte de son client : réservation d’un camion et son chauffeur au départ, réservation d’une place sur un cargo, gestion des formalités douanières et documentaires, réservation d’un chauffeur et son camion à l’arrivée. A chaque fois que la marchandise change de mains, une liasse documentaire (Bill of Landing, Facture Pro Forma, Certificat de Conformité…) est échangée puis validée. Un processus complexe donc, qui justifie le coût de la prestation proposée par un agent de transport international.

Port d’Anvers : La mise en place d’une Blockchain change les équilibres

Selon le Port d’Anvers, transporter un conteneur du point A au point B implique souvent plus de 30 parties et 200 interactions. Ces interactions sont effectuées par email, télécopie, téléphone.

Le Port expérimente actuellement la plateforme de Blockchain T-Mining pour digitaliser la liasse documentaire. Il s’agit d’un « réseau distribué », qui permet à une transaction de se dérouler uniquement s’il existe un consensus parmi toutes les parties participantes. Concrètement, c’est l’ensemble des documents qui sont numérisés, et la correspondance automatique des données évite la déduplication des tâches et les vérifications manuelles.

« Les dirigeants des ETI et PME ne semblent pas encore avoir pris pleinement conscience du fait qu’ils sont devenus les plus exposés au risque de disruption »

En clair, à l’arrivée d’un conteneur au Port d’Anvers, plus besoin d’interlocuteurs physiquement présents pour autoriser sa collecte. La validation de la transaction s’effectue par le biais de la Blockchain, donnant ainsi une autorisation au bon chauffeur routier de collecter le bon conteneur. Quant aux douanes, elles reçoivent et valident des informations mieux sécurisées. En bout de chaîne, les documents et les données sont traités cinq fois plus rapidement que dans une transaction classique.

Des jours difficiles à venir pour les ETI et des PME du transport

Les PME et ETI qui aujourd’hui proposent un service de transport et une gestion de toutes les opérations documentaires vont être fortement impactée. Demain, il sera possible pour une multinationale de gérer via une Blockchain la totalité des services documentaires liés au transport. La couche sécuritaire apportée par la Blockchain -et les Smart Contracts – donnera le pouvoir à un algorithme de sélectionner n’importe quel chauffeur de camion disponible, de réserver une place sur un cargo, de réaliser les opérations douanières, et de valider l’ensemble des documents. Le tout sans intervention des traditionnels opérateurs de transport. Une partie non négligeable de la valeur ajoutée proposée par les PME et les ETI sera donc transférée vers les grands groupes.

Et les dirigeants de ces entreprises ne semblent pas encore avoir pris pleinement conscience du fait qu’ils sont devenus les plus exposés au risque de disruption.

Et votre entreprise dans tout ça ?

Aujourd’hui, les PME et ETI pensent le futur au travers du spectre de la transformation digitale. Et c’est une bonne chose. Néanmoins, en s’appuyant notamment sur les Smart Contracts, les multinationales transformeront en profondeur les interactions du marché. Alors qu’elles risquent d’être les principales impactées, les ETI semblent en être encore peu conscientes.

Sources :

https://maritimup.fr/fr/actualite/le-port-d-anvers-teste-un-systeme-logiciel-base-sur-la-blockchain 
http://www.zdnet.fr/actualites/ibm-et-maersk-s-unissent-autour-de-la-blockchain-39849448.htm 
http://www-03.ibm.com/press/us/en/pressrelease/51712.wss
https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0301187453063-le-negociant-louis-dreyfus-sessaie-a-la-blockchain-2147030.php

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